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| Le photographe maroco-franco-allemand Lucas Mebrouk Dolega tué à Tunis était, aussi, Tangérois |
La dépouille du photographe franco-allemand Lucas Mebrouk Dolega, décédé lundi dernier 17 janvier des suites d\'un tir policier, lors des manifestations à Tunis, ne sera pas inhumée à Tanger, ville où il a passé une bonne partie de sa jeunesse et où vivent ses parents.
Le corps du défunt est arrivé en effet mercredi soir à l\'aéroport d\'Orly, pour être probablement inhumé à Paris, dans sa ville natale.
Né à Paris de mère allemande, Karin Von Zabiensky, journaliste, et de père franco-marocain, le Dr Mohamed Mabrouk, connu comme le Dr Chtouki, médecin rhumatologue, exerçant depuis une trentaine d’années à Tanger, le défunt a passé une partie de sa jeunesse dans la ville du détroit, où il compte beaucoup d’amis et où ses camarades de classe au Lycée Regnault se souviennent très bien de lui. Nous apprenons qu’un livre de condoléances a été mis à disposition audit lycée et qu’un hommage à sa mémoire pourrait être organisé en collaboration avec le consulat de France à Tanger.
Nathalie Donnadieu, la compagne du défunt a lu une déclaration à la presse à sa descente d’avion entourée des membres de la famille, de collègues et d’amis du défunt. Elle a souligné que Lucas a été tué en faisant son travail, et qu’il aurait été victime d\'un tir délibéré en pleine tête. « Il a été, comme tant d\'autres ce jour-là, abattu par la police tunisienne\", a-t-elle déclaré. Et d’ajouter que : « Pour lui et pour toutes les autres victimes, il y a une chose pour laquelle nous n\'aurons aucun répit : vous, les responsables de ces actes barbares, qui que vous soyez, où que vous soyez, aussi longtemps que cela durera, nous ne perdrons pas la guerre pour que justice soit faite »
Envoyé par l’agence européenne de photographie de presse (EPA) de Frankfurt pour couvrir les manifestations de Tunisie, ce jeune photographe de 32 ans a été la cible d’un tir de grenade de gaz lacrymogène, selon ses confrères. Ces derniers, à travers un communiqué, affirment que le drame s’était produit donc vendredi 14 janvier, vers 16 heures 30, à l\'issue de la manifestation sur l\'avenue Bourguiba de Tunis, devant le ministère de l’intérieur « Nous nous sommes retrouvés, entourés d\'un groupe de manifestants, au coin de la rue Ghandi et de la rue de Marseille. La situation en ville était extrêmement tendue, avec des affrontements entre des petits groupes de manifestants et la police Tunisienne dans les rues autour de l\'avenue Bourguiba et du ministère de l\'intérieur », expliquent-ils.
Les mêmes déclarants, signataires du communiqué / témoignage, à savoir: Matthias Bruggmann, Olivier Laban-Mattei, Remy Ochlik, Bruno Stevens et Pierre Terdjman, affirment que la police Tunisienne aurait tiré une grenade lacrymogène dans leur direction « Le projectile (un tube en aluminium d\'une vingtaine de centimètres de long et d\'environ 5 de diamètre), tiré d\'une distance d\'une vingtaine de mètres, à hauteur de tête en \"tir tendu\", (plutôt qu\'un \"tir en cloche\", la technique correcte d\'utilisation de cette arme), a percuté notre collègue Lucas Mebrouk Dolega à la tête. »
Les collègues de Lucas lui prodiguent les premiers soins sur place, avant de l’évacuer aussitôt à bord de la voiture de l’un d’entre eux, d\'abord à la clinique ‘’Le Secours’’, où l\'état de Lucas a été stabilisé afin d’être transporté « par un habitant du quartier » à l\'Hôpital Neurologique Rabta de Tunis où Lucas allait subir une intervention chirurgicale…
Le diagnostic, rapporté par le communiqué en question, fait état d\'un « hématome extradural frontal gauche, d\'une hémorragie méningée, de l\'orbite oculaire gauche fracturé, du sinus gauche fracturé, et d\'une lésion au globe oculaire gauche ». L’état de Lucas, à l\'issue de l\'opération, était considéré stable mais critique. L\'espoir était qu’il survivrait tout en perdant son œil. Mais son état allait s’aggraver dans la nuit suivant l\'opération, et son coma allait s’approfondir.
Sa famille arrive à son chevet la veille de son décès, constaté lundi matin 17 janvier, et rendu public par un communiqué de la propre famille.
En cette douloureuse circonstance, nous présentons nos condoléances attristées aux parents du cher disparu, à sa compagne, à ses collègues et à ses amis. Puisse son âme reposer en paix.
Abdel Ilah Abbad
Agences
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