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3ème édition du Road Show Emergence Textile-Habillement
sous le thème «ANTICIPER LA REPRISE DES MARCHES» Est-ce que la crise est réellement derrière nous ?


Globalement, le Maroc a pu, grâce aux mesures de soutien, traverser cette zone de turbulences en conservant pour l’essentiel ses capacités productives et son capital humain. Toutefois, pour qu’elle devienne véritablement alternative, l’offre marocaine devrait consolider sa capacité de sous-traitance par le développement de solutions à plus forte valeur ajoutée : sourcing tissus, services créatifs, etc.

L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) et l’Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME), ont co-organisé, mardi 2 février courant au Mövenpich-hôtel à Tanger, en partenariat avec deux banques nationales, Attijariwafa Bank (AWB), et la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), la première présentation de la 3ème édition du «Road Show Emergence Textile-Habillement», sous le thème «Anticiper la reprise des marchés», sachant que deux manifestations identiques étaient programmées, l’une à Fès, le 3 février, et l’autre à Casablanca, le 4 février 2010.
On pris part à la rencontre de Tanger, la directrice générale de l’ANPME, Mme Latifa Chihabi, ; le président de l’AMITH, M. Mustapha Sajid, et des membres de son bureau ; le directeur général de l’AMITH, M. Mohamed Tazi, en qualité de modérateur ; le président de l’AMITH- Zone Nord, M. Kamal Mazari et des membres de son bureau ; des représentants des deux banques partenaires ; deux consultants de l’observatoire économique «Institut Français de la Mode (IFM)» ; un représentant de l’autorité locale ; le directeur du centre régional d’investissement (CRI) Tanger-Tétouan ; le président et le directeur de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la wilaya de Tanger ; ainsi que des professionnels du secteur du Textile et de l’Habillement dans la région du nord du royaume.
Les principaux objectifs du Road Show, au nombre de trois, ayant pour finalité de décrypter les scénarios de sortie de la crise, se sont articulés autour :
1. du partage, sur la base d’analyses et de paramètres factuels, de la même vision, et de débat des évolutions des marchés et de la consommation en 2010;
2. de la prise de connaissance, sur la base de l‘étude sur la compétitivité perçue, réalisée récemment par l‘IFM pour le compte de l‘AMITH, des limites de ce positionnement, et de la mise en perspective des gains en matière de réactivité et de compétitivité créative, jugées encore insuffisantes ;
3. de la présentation des instruments d’appui collectifs et financiers mis en place pour permettre aux acteurs du secteur d’anticiper la reprise des marchés et de les accompagner dans leurs projets de croissance et de compétitivité.
Ainsi, les résultats attendus de cette rencontre seraient de :
— montrer aux acteurs du Textile-Habillement, à leurs partenaires institutionnels, partenaires financiers, et aux médias, tout le potentiel qui s’offre à cette industrie marocaine et ce dont elle pourrait profiter, ainsi que les conditions pour y parvenir ;
— définir les responsabilités des différentes parties prenantes : professionnels, industriels, partenaires institutionnels, et partenaires financiers, pour réussir le repositionnement de l’offre par rapport aux attentes des marchés ;
— faire adhérer davantage les acteurs du Textile-Habillement aux programmes de modernisation compétitive et à leur large palette de projets revus et corrigés afin de réenclencher une dynamique d‘ensemble ;
— inciter les partenaires institutionnels, financiers et les médias à adopter une nouvelle grille de lecture de ce secteur stratégique, résolument orienté vers l’avenir.
Ouvrant les travaux de mardi, le président de l’AMITH a indiqué que le démarrage de ce Road Show par Tanger n’est pas le fruit du hasard : « Votre région est le second pôle Textile – Habillement du Maroc ; sa localisation à moins de 12 km de l’Europe matérialise bien le rattachement industriel de ce secteur marocain aux marchés de l’Union Européenne ; votre dynamisme et vos performances traduisent vos capacités de réponse aux attentes d’enseignes leaders en termes de réactivité et de compétitivité, et votre zone dégage une image de dynamisme, de modernité et de progrès : Port Tanger-Med et les nombreux projets d’infrastructure qui l’accompagnent », dira M. Mustapha Sajid, soulignant que le Road Show se tient durant une phase particulière de l’évolution des marchés, ce qui justifie, dira-t-il, le choix du thème «Anticiper la reprise des marchés».
Le Road Show intervient également à un moment où le Textile-Habillement au Maroc est engagé dans une dynamique positive de relance, matérialisée par la forte conviction du gouvernement, du potentiel du secteur à travers une stratégie de relance et de modernisation compétitive autour du «Pacte Emergence textile» et du «Plan Maroc Export Plus», et par l’adhésion de l’AMITH et des professionnels du secteur à cette dynamique de relance pour le développement d’une filière à plus forte valeur ajoutée, a encore affirmé M. Sajid.
Evoquant la crise financière internationale ayant succédé à plusieurs années de croissance positive, le président a précisé que la consommation des produits du Textile et de l’Habillement a enregistré une inflexion à partir de fin 2008 au niveau des principaux marchés européens.
« Face à ses nouvelles restrictions budgétaires, le consommateur s’est trouvé contraint de faire des arbitrages en renonçant à certains achats et à en différer d’autres, et il a été établi que la rubrique vestimentaire fait partie des postes sacrifiés dans les arbitrages en matière de consommation, ce qui a engendré un recul des ventes par les enseignes de distribution et marques internationales dont certaines ont réduit leurs volumes d’achat et pesé sur l’activité de leurs fournisseurs habituels, pendant que d’autres ont intégré en totalité ou en partie le grand import dans leurs stratégies de sourcing en privilégiant les approvisionnements en produits à bas prix », explique M. Sajid, ajoutant que le sourcing de proximité et de mode, naguère une composante essentielle dans la stratégie d’approvisionnement des enseignes de distribution, a connu en 2009 une contraction significative.
Dans ce contexte mondial, les entreprises marocaines on en pâti tout particulièrement lorsque la crise a atteint sa culminance au troisième trimestre 2009.
Dès lors, le président de l’AMITH s’interroge : «Sommes-nous en présence d’un phénomène conjoncturel ou d’une variable de fonds? Assistons-nous à une rupture dans les schémas de sourcing? L’attractivité des produits mode serait-elle en perte de vitesse?».
Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, nous avons mobilisé les meilleurs experts pour nous livrer leur analyse prospective des marchés et de la consommation à l’échelle mondiale en 2010. Notre voeu le plus cher est qu’à l’issue des présentations, nous aurons ensemble une lecture objective de la situation qui prévaut actuellement mais surtout pour le moyen terme, dira le président de l’AMITH, concluant : «Débattons donc ensemble, et sans langue de bois, de nos responsabilités réciproques pour transformer conjointement les contraintes actuelles des marchés en opportunités bénéfiques pour notre économie, notre activité, nos unités ainsi que pour les hommes et les femmes qui s’y activent au quotidien».
La directrice générale de l’ANPME, qui a ensuite pris la parole, a confirmé l’engagement fort et soutenu de l’Etat marocain en faveur de ce secteur, qui se manifeste autant dans le programme anti-crise, mis en place pour soutenir l’emploi et la croissance, que dans les programmes structurels de développement économique et social, dira-t-elle, saluant aussi, à l’occasion, l’engagement du secteur bancaire et la mobilisation de l’AMITH pour aider les professionnels à sortir de la crise, relancer l’activité et préserver l’emploi.
«Au regard des programmes « Imtiaz » ; « Moussanada » et « Rawaj » bénéficiant, en premier, au secteur du Textile et de l’Habillement, «on peut considérer que l’Etat a rempli une partie de son mandat et qu’aujourd’hui, la balle est dans le camp de l’Entreprise », conclura Mme Latifa Chihabi.
Pour M. Gildas Minvielle, responsable de l’observatoire économique «Institut Français de la Mode (IFM) » qui a développé la nouvelle cartographie du Textile- Habillement mondial, l’année 2009 a été particulièrement difficile pour les producteurs en Europe et dans les pays du Bassin méditerranéen : « Les donneurs d’ordres ont privilégié le déstockage ; face au recul de leurs chiffres d’affaires, ils ont opté pour le maintien des marges en s’approvisionnant à moindre coût , et le recul de la consommation a pesé sur les demandes de réassortiment », a-t-il expliqué, affirmant, cependant que «le pire est passé» et que, malgré la crise, le désir de mode est bien présent chez les consommateurs car c’est la nouveauté qui fait vendre et la fast-fashion n’a pas été fondamentalement remise en cause par la crise, dira M. Minvielle concluant que l’amélioration de l’activité, lorsqu’elle se profilera, devrait profiter au sourcing de proximité.
Sa collègue de l’IFM, Mme Evelyne Chaballier est intervenue, quant à elle, sur les mutations de la consommation et de la distribution en Europe et aux Etats-Unis.
Egalement pour cette directrice des études économiques et prospectives à l’« Institut Français de la Mode (IFM), la consommation a reçu un coup de froid se traduisant par un recul des dépenses en 2009 sur la majorité des grands marchés occidentaux, en valeur et en quantités, dû à une prudence des consommateurs inquiets et raisonnables, et plus que jamais attentifs aux prix.
Mais, après un troisième trimestre calamiteux, les dépenses des consommateurs américains et européens se sont redressés en fin d’année 2009, avec une progression des achats sur Internet (5,7 % de la consommation en France, plus de 9 % au Royaume-Uni), dira-t-elle.
Evoquant la perception de l’offre marocaine, Mme Chaballier rapporte les résultats d’une étude répondant à la question suivante posée aux grandes marques et enseignes marocaines : « Pour quelles raisons voua approvisionnez-vous au Maroc ?».
Dans les réponses, on relève : la proximité ; la qualité ; un bon équilibre se traduisant par le meilleur rapport rapidité /savoir-faire /prix ; de bonnes usines ayant acquis un bon savoir faire ; un bon niveau de flexibilité et de bons fournisseurs ; un bassin de production expérimenté, avec des partenaires depuis plus de 15 ans ; un bon mix.
Cette étude a également fait ressortir que la Maroc est un pays de sous-traitance par excellence : « Dans les autres pays, nous achetons des produits finis. Au Maroc nous travaillons à 100% en sous-traitance. La proximité géographique nous permet un meilleur contrôle, et nous donne la possibilité de confectionner des articles personnalisés. Mais si le Maroc disposait de matières premières de qualité (NDLR : Tissus), nous utiliserions certainement les leurs, ce qui n’est pas le cas pour le moment », explique un donneur d’ordre espagnol.
Mme Evelyne Chaballier conclue en affirmant que :
• Les industriels marocains ont développé une offre de sous-traitance de proximité attractive, basée sur un bon rapport qualité-prix-proximité.
• La crise et la recherche de prix mettent à mal ce positionnement, même sile Maroc est toujours apprécié comme pays de sourcing, et que certains même y reviennent.
• A plus longue échéance, la position concurrentielle marocaine risque de s’effriter car les critères de choix de zones de sourcing évoluent :
— Recherches de solutions clef en main ;
— Recherche d’apport créatif ;
— Achat d’un produit fini ;
• Pour consolider leur position concurrentielle, les confectionneurs marocains doivent mener une stratégie de séduction :
1°) temps : développer le sourcing de tissus ;
2°) temps : développer des propositions de produits finis.
• Mener une stratégie de consolidation :
— Continuer à monter en précision, fiabilité, réactivité ;
— Faciliter les procédures douanières ;
— Speak English !

CONCLUSIONS
Faisant une synthèse au terme de la séance plénière, le directeur général de l’AMITH s’est interrogé si l’année « 2010 sera-t-elle à l’image de 2009, et si le pire ne serait-il pas derrière nous ?».
Pour M. Mohamed Tazi, globalement, le Maroc a pu, grâce aux mesures de soutien, traverser cette zone de turbulences en conservant pour l‘essentiel ses capacités productives et son capital humain. Des distributeurs ont compris l‘impact de la difficulté de concilier entre une « prudence » impliquant une offre à « moindre prix » et le désir d‘offres qualitatives et de mode toujours présent chez les consommateurs. Le sourcing de proximité – parce qu’il permet de proposer une offre plus segmentée (exemple de la robe) et parce qu’il limite les surstockages, devrait retrouver une certaine dynamique en 2010.
Mais, dans quelles conditions l’offre marocaine deviendra-t-elle alternative ? s’interrogera encore le modérateur de la séance, expliquant que la part des achats de longs termes est en baisse dans les politiques d’approvisionnement des enseignes de distribution, alors que l’actualisation et les réassorts gagnent toujours du terrain.
Le Maroc destiné pour les approvisionnements rapides, demeure une zone de sourcing appréciée et certaines enseignes y reviennent. D’autres interrogées maintiendront leurs volumes, pendant que d’autres les augmenteront légèrement ou les développeront fortement, affirme M. Tazi.
Toutefois, pour qu’elle devienne véritablement alternative, l’offre marocaine devrait consolider sa capacité de sous-traitance par le développement de solutions à plus forte valeur ajoutée: sourcing tissus, services créatifs, etc, estime l’intervenant.
Evoquant les produits Imtiaz, Moussanada et Rawaj, le directeur général de l’AMITH a indiqué que cette large palette de programmes d’appui aux entreprises peuvent couvrir l’ensemble des besoins pouvant être exprimés par les entreprises et à chaque stade de leur cycle de vie: Entreprises disposant d’un potentiel de croissance et de renforcement (IMTIAZ) ; Entreprises aspirant à développer leurs réseaux de distribution : (RAWAJ), et Entreprises aspirant à se moderniser et à développer leur productivité (Moussanada dans ses différentes variantes).
Concernant le partenariat bancaire, M. Mohamed Tazi estime que, certes, les banques n’ont pas pour vocation d’être altruistes, la décision ou non d’octroyer un crédit demeurant un acte souverain, néanmoins, elles restent solidaires du tissu économique et de la bonne santé de ce dernier dépend de la leur.
« Le marché Textile-Habillement mondial est porteur de grandes opportunités pour ce type d’industrie marocaine, le secteur bancaire gagnerait à accompagner son ascension. Les deux organismes bancaires présents ont été parmi les premiers à adhérer à ce processus et se sont déclarés prêts à accompagner l’effort du secteur », a conclu le directeur général de l’AMITH, annonçant la suite du programme de la 3ème édition du «Road Show Emergence Textile-Habillement à travers deux ateliers :
Atelier 1 :
PROGRAMMES IMTIAZ
et RAWAJ :
Sous forme de contrats de croissance, les pouvoirs publics contribuent jusqu’à hauteur de 5 millions de dirhams par programme et par entreprise. Quelles sont les entreprises concernées par les programmes RAWAJ et IMTIAZ ? Quels
projets d’investissement sont couverts par IMTIAZ et RAWAJ? Quel est le processus de sélection des projets et selon quelles modalités ? Quelles sont les informations pratiques sur les modalités de contractualisation ?
Atelier 2 :
LE PROGRAMME
MOUSSANADA :
En coordination avec l’AMITH, une palette de programmes d’accompagnement fonctionnels couvrant l’ensemble des fonctions des entreprises TH : production, marketing, bureau d’études, logistique… L’ANPME contribue jusqu’à hauteur de
600 000 dh par entreprise. Quelles sont les entreprises concernées ? Comment en bénéficier?
Atelier 3 :
LE PROGRAMME
TECHNOLOGIES
D’INFORMATION :
L’ANPME appuie la mise en place et/ou la consolidation du système d’information au sein des entreprises TH avec une contribution jusqu’à hauteur de 400 000 dh par entreprise. Quel est le mode opératoire, comment en bénéficier ?
«Ce que l’on peut dire, c’est que ça marche», dira M. Mohamed Tazi, avant de lever la séance plénière.

M. ABOUABDILLAH




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