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Barack Hussein Obama : Une lueur d’espoir dans le monde
Mardi, le monde a dit adieu à Georges W. Busch, un homme qui a été décrit comme l’un des pires présidents américains , et accueilli Barack Hussein Obama qui est perçu comme un homme remarquable ayant l’étoffe d’un grand président. «L’avénement Obama», premier président noir des Etats-Unis, suscite d’immenses espoirs à travers le monde, malgré l’ampleur des défis qui attendent le nouveau locataire de la Maison Blanche. Barack Hussein Obama est, certes, soutenu par la plupart des gouvernements étrangers et par l’opinion publique, néanmoins, il faut souligner que le jeune président hérite d’un pays aux prises avec deux guerres, en Irak et en Afghanistan, d’une poudrière au Moyen Orient et de l’une des plus graves crises économiques de l’Histoire, pour ne citer que ces problèmes saillants dont les dossiers sont mis sur sa table de travail dès le premier jour, et qui constituent pour lui un véritable examen de passage durant les cent premiers jours de son mandat. Obama sera, évidemment, confronté à d’autres défis multiformes comme la lutte contre le réchauffement climatique ou la fermeture promise du centre de détention de Guantanamo à Cuba, l’un des symboles les plus controversés de la présidence de George W. Bush ; la réapparition d’un chômage de masse ; la peine de mort ; l’avortement ; les armes ; les préoccupations sociales ;
l’environnement, etc. Si, donc, Barack Obama bénéficie d’un «état de grâce mondial», il n’a pas de «baguette magique» pour résoudre tous les problèmes ; il aura une tâche immense, même si ses mérites sont immenses et, si l’on ne veut pas verser dans le fait qui veut que les plus grandes déceptions naissent de grands espoirs, il ne faut pas attendre de lui qu’il résolve, tout de suite, tous les problèmes de l’Amérique, ni accessoirement ceux d’autres pays. Selon les derniers sondages, de nombreux dirigeants et commentateurs estiment qu’avec l’ élection de Barack Obama, «l’avenir a changé de camp» et a retrouvé «un visage humain» , pendant que d’autres mettent en garde contre des attentes «irréalistes» concernant sa présidence. Le président Barack Hussein Obama s’est engagé à «remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis».


La cérémonie de prestation de serment était conduite par le président de la Cour suprême des Etats-Unis, en présence notamment du président sortant George W. Bush, des membres de la famille Obama, parmi lesquels son épouse Michelle et ses filles Malia et Sasha, des anciens présidents et vice-présidents, des ministres anciens et futurs, des sénateurs et des députés, des magistrats de la Cour suprême, de nombreux invités et quelque 2 millions d’Américains. Un record ! ?Avec ce nouveau président, les Etats-Unis et avec eux le monde entier, s’apprêtent à entrer dans une nouvelle ère. La raison de cette immense espérance s’explique par les deux mandats de George W. Bush et leur cortège de guerres, d’erreurs, et d’incuries. Huit années, qui ont provoqué une vraie rupture avec le reste du monde. Huit années, qui ont rendu un changement de cap indispensable. En faisant campagne sur l’espoir et le changement, Barack Obama a suscité une immense attente et de grands espoirs.?Au Maroc, on estime que les relations maroco-américaines ne peuvent que s’enrichir sous le mandat du nouveau Président des Etats-Unis.
Dans son discours d’investiture, le président américain Barack Obama a confirmé sa volonté au changement en marquant nettement la différence de son point de vue, sur de nombreux sujets, avec son prédécesseur George Bush.
Sur le plan économique, il a clairement préparé les Américains à faire des sacrifices alors que Bush exhortait, au contraire, ses compatriotes à «profiter de la vie» et à poursuivre leurs activités normales. Le nouveau président a multiplié les mises en garde auprès de l’opinion publique en soulignant que le redressement de l’économie américaine ne se ferait pas en un jour. Au programme, d’une part, le plan de relance qui devrait bénéficier autant aux particuliers qu’aux entreprises et qui s’annonce vertigineux?: 775 milliards au bas mot ; d’autre part, la réforme du système financier, pour laquelle la nouvelle administration réfléchit à de nombreuses pistes. Est notamment envisagée la création d’une banque publique qui reprendrait les actifs dévalués des banques américaines afin de redonner de la fluidité au marché du crédit. Concernant la sécurité nationale, Obama a parlé d’une «nouvelle ère de responsabilité» et «des devoirs des Américains envers eux-mêmes, leur pays et le monde», sans toutefois préciser comment ces derniers pourraient contribuer à cette mobilisation. Il a laissé entendre qu’il abandonnerait rapidement certaines des mesures de sécurité nationale les plus controversées de George Bush, qui ont suscité un fort mouvement de protestation dans le pays et terni l’image des Etats Unis à l’étranger. «Concernant notre défense commune, nous rejetons l’idée qu’il faille choisir entre notre sécurité et nos idéaux», a-t-il dit. Le nouveau président a promis de fermer le camp de Guantanamo et d’interdire les méthodes poussées d’interrogatoire, comme le «waterboarding», une simulation de noyade souvent assimilée à de la torture. Bush a été également critiqué pour avoir facilité les écoutes, auxquelles Obama a promis de fixer un cadre strict.?En matière d’alliances et de diplomatie, le nouveau président des Etats Unis a adressé un message aux autres nations en insistant sur une diplomatie multilatérale, au contraire de ce que les détracteurs de Bush avaient appelé la «diplomatie du cow-boy» incarnée par la guerre d’Irak». «Souvenez-vous que les précédentes générations ont tenu tête au communisme et au fascisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables», a déclaré le nouveau chef de la Maison blanche, ajoutant : «Elles ont compris que notre puissance à elle seule ne nous protège pas et ne nous autorise pas à faire ce que bon nous semble», a-t-il ajouté.
Le nouveau président américain a appelé le monde musulman à inaugurer une nouvelle ère dans ses relations avec les Etats-Unis, basée sur l’intérêt et le respect mutuels.?«Au monde musulman, nous disons de chercher une nouvelle voie pour aller de l’avant, basée sur l’intérêt et le respect mutuels», a notamment déclaré mardi le premier président noir des Etats-Unis dans son discours d’investiture. ?Il s’est ensuite adressé à ceux qui à travers la planète, cherchent à semer le conflit, ou à rejeter les maux de leurs sociétés sur l’Occident», leur disant que «vos peuples vous jugeront pour ce que vous construisez et non pas pour ce que vous détruisez».?Il a insisté sur le fait que la diversité des races et des religions dans son pays constitue «une force et non pas une faiblesse». «Nous sommes une nation de Chrétiens et de Musulmans, de Juifs et d’Indous, et de non croyants», a poursuivi M. Obama selon lequel, les Américains qui ont souffert de la guerre civile et de la ségrégation, s’en sont sortis «plus forts et plus unis». ?«Nous ne pouvons que croire que les vieux sentiments de haine s’estomperont un jour», a-t-il dit, soulignant que son pays «doit jouer son rôle pour inaugurer une nouvelle ère de paix». ?Le nouveau président a également promis aux «populations des pays pauvres d’oeuvrer ensemble» pour améliorer leurs conditions de vie. Selon lui, «le monde a changé et nous devons changer avec lui». ?Evoquant la situation en Irak, Obama a déclaré: «Nous commencerons à quitter l’Irak de manière responsable». Il doit se concerter avec ses conseillers en politique étrangère sur les deux dossiers les plus brûlants à ses yeux, ceux de l’engagement militaire des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan. La Maison blanche devrait solliciter l’avis des militaires sur une accélération du retrait des 140.000 soldats américains d’Irak, prévu par lui en 16 mois maximum, et sur un renforcement de la force US en Afghanistan.?George Bush, quant à lui, a longtemps refusé d’envisager un retrait de l’Irak mais les progrès en matière de sécurité dans le pays et les pressions de Bagdad l’ont convaincu, à la fin de l’an dernier, de conclure un accord de sécurité avec le gouvernement irakien qui ouvre la voie à un retrait des Américains d’Irak d’ici la fin 2011.?D’autre part, Barack Obama s’est démarqué de l’héritage «reaganien» de réduction du rôle de l’Etat que George Bush avait longtemps mis en oeuvre avant d’y renoncer l’an dernier, en pleine crise financière, pour faire intervenir massivement le gouvernement fédéral à la rescousse des banques. Le nouveau président prévoit un vaste plan de relance de l’économie, comprenant de grands projets de travaux publics.»Ce que les cyniques ne parviennent pas à comprendre, c’est que le sol s’est dérobé sous nos pieds». «La question aujourd’hui n’est pas de savoir si notre gouvernement est trop grand ou trop petit, mais s’il fonctionne» , a-t-il-dit.?En ce qui concerne les secteurs de la science, la santé et le climat, Obama a répété ses promesses de réformer le système de santé et de privilégier la science et l’environnement, des domaines dans lesquels George Bush a peu brillé par son action, aux dires des experts. «Nous redonnerons à la science la place qu’elle mérite et nous utiliserons les merveilles de la technologie pour augmenter la qualité des soins de santé et diminuer leur coût», a-t-il dit, ajoutant : «Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire rouler nos voitures et tourner nos usines». Le nouveau président a promis un rôle plus actif des Etats-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique et l’on s’attend à ce qu’il revienne rapidement sur la décision de l’administration Bush de limiter la recherche sur les cellules souches embryonnaires.?A peine investi, le nouveau président a plongé dans la crise au Proche-Orient. Il s’est notamment entretenu au téléphone avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.?Il a assuré à M. Abbas qu’il entendait «oeuvrer avec lui en tant que partenaire pour instaurer une paix durable dans la région», et affirmé qu’il déploierait tous les efforts possibles pour y parvenir le plus rapidement possible.?M. Obama a fait savoir au leader palestinien qu’il était «le premier dirigeant étranger qu’il appelait» depuis son investiture.?Il a aussi parlé au téléphone avec Olmert, qui lui a rendu compte de la situation à Gaza.?M. Obama s’est également entretenu au téléphone avec le président égyptien Hosni Moubarak et le Roi de Jordanie Abdallah II.?Le nouveau président américain a, par ailleurs, proposé à George Mitchell, un sénateur à la retraite artisan de la paix en Irlande du Nord, de devenir émissaire pour le Proche-Orient. ?Ces initiatives de M. Obama interviennent alors que l’armée israélienne a achevé mercredi matin son retrait de la bande de Gaza. «Mais l’armée reste déployée à la lisière pour faire face à toute éventualité», a précisé à l’AFP un porte-parole militaire.?Le Hamas a pris acte du retrait israélien tout en exigeant la levée du blocus imposé au territoire avant d’accepter une éventuelle trêve formelle consolidant le cessez-le-feu que les belligérants ont décrété séparément dimanche.?Nous soulignons, au passage, les propos de notre confrère Bachir Ben Yahmed, directeur du magazine Jeune Afrique qui estime «qu’on n’a pas assez relevé que la guerre de Gaza, meurtrière, -destructrice et inégale, qui a révulsé les opinions publiques et pas seulement celles de pays arabes ou musulmans, est en fait la dernière guerre de George W. Bush : elle n’aurait pas eu lieu s’il ne l’avait permise, couverte et expressément justifiée ; elle aura, en tout cas, rempli jusqu’aux derniers jours l’ultime mois de son règne de huit ans, ponctué par trois autres conflits armés que Bush a voulus, fait durer, et dont il laisse à son successeur le soin de réparer les dégâts.
Le président Obama a, d’autre part, signé un décret ordonnant la fermeture de la prison de Guantanamo, symbole des excès de l’administration de George Bush dans la «lutte contre le terrorisme». Ce camp de détention compte actuellement 245 prisonniers, dont 21 sont inculpés de crimes de guerre et 60 sont libérables mais ne peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine, où ils risquent des persécutions. Il a également fait arrêter temporairement les procédures judiciaires devant les commissions militaires, tribunaux d’exception créés en 2006 par l’administration Bush et très controversés.
Toutes les théories édifiées par le nouveau président doivent donc être concrétisées à court ou à moyen termes. Dans tous les cas, Barack Hussein Obama doit agir vite et juste car, les questions que les sceptiques se posent à son sujet telles que : « Va-t-il être à la hauteur ? Sa tâche n’est-elle pas trop lourde? Est-il vraiment celui qu’on croit? », ne lui laissent aucune marge d’erreur. Obama le sait et il a constitué une équipe en choisissant «les meilleurs et les plus brillants», et élaboré un programme de travail qui couvre deux ans, la moitié de son premier mandat.
L’ère Barack Obama a commencé donc le 21 janvier 2009. Ceux qui connaissent la famille Obama diraient qu’il s’agit, en fait, de l’ère Barack et Michelle Obama.?Michelle a, en effet, une très grande influence sur Barack, et ce dernier le reconnaît. Leur couple est formé par deux entités entre lesquelles s’est nouée une rare complémentarité. Aux Etats-Unis et dans le reste du monde, on attend beaucoup de lui…

Synthèse de
M. ABOUABDILLAH



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