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9EME EDITION DU FESTIVAL NATIONAL DU FILM de Tanger : Cérémonie d’ouverture jeudi au cinéma Roxy
La cérémonie officielle d’ouverture de la 9ème édition du Festival national du Film s’est déroulée dans la soirée de jeudi au cinéma Roxy à Tanger, en présence du ministre de la Communication, M. Khalid Naciri; de la ministre de la Culture, Mme Touria Jabrane Kryatif; du wali de la région Tanger-Tétouan, M. Mohamed Hassad; du maire de la ville , M. Dahman Derham;
du directeur du Centre cinématographique marocain (CCM), M. Noureddine Saïl; de plusieurs autres personnalités, et d’un très grand
nombre de cinéastes, acteurs,
artistes, intellectuels,
journalistes et représentants
de la société civile.


C’est le ministre de la Communication qui a ouvert la cérémonie par une allocution dans laquelle il a fait part d’un soutien inconditionnel de son département à ce genre de manifestation culturelle qui constitue, dira-t-il, une précieuse occasion pour une rencontre avec les différents opérateurs et acteurs évoluant dans le champ artistique marocain.
« Ce festival donne un aspect valorisant supplémentaire qui vient s’ajouter aux nombreux atouts de la ville de Tanger, cité de culture par excellence», dira M. KhalIid Naciri .
Un émouvant hommage, diaporama à l’appui, a été ensuite rendu aux regrettables cinéastes et acteurs marocains disparus, avant que la parole ne soit donnée au maire de Tanger qui s’est exprimé dans une allocution de bienvenue, se félicitant de ce nouveau rendez-vous de la ville du détroit avec le 7ème art, à l’heure, dira-t-il, où la cité prépare, avec une importante dynamique et un grand enthousiasme, sa candidature à un autre rendez-vous aussi important, celui de l’organisation de l’Exposition internationale en 2012. «Nous savons que toutes les civilisations passent nécessairement par une renaissance culturelle et la ville de Tanger est connue pour avoir constitué le berceau d’une multitude de civilisations qui lui ont permis d’acquérir un patrimoine culturel considérable», dira M. Dahman Derham qui a tenu à exprimer sa gratitude et ses vifs remerciements à la grande famille du CCM pour ses efforts continus en matière de promotion et de développement du cinéma marocain.
L’animatrice de la cérémonie, Mme Fatima Nouali, speakerine à la TVM, a, par la suite invité les présidents des deux jurys du festival à présenter les membres de leurs équipes.
Le jury des longs-métrages présidé par l’artiste peintre Mohamed Melehi est composé de Gareth Jones, scénariste, réalisateur et producteur anglais, Guy Braucourt, critique et historien de cinéma français et Hassan Daldoul, producteur réalisateur tunisien. Côté marocain, le jury comptera Amina Bencheikh, membre de l’Institut royal pour la culture amazighe, Souad Bechar, écrivain, et Sabah Bendaoud, journaliste radio.
Pour la compétition court-métrage, la présidence est confiée au cinéaste et producteur marocain Kamal Kamal. Siègeront dans ce jury, aux côtés du président, la productrice Marie-Pierre Gutmann, la comédienne Hanane Fadili, la cinéaste Clarence Delgado et le journaliste Ahmed Boughaba.
La projection du film d’ouverture du festival «Moolaadé» a été précédée de la lecture d’une émouvante allocution rendant un vibrant hommage posthume au réalisateur de ce long-métrage, feu Ousman Sembème.
Considéré comme l’un des doyens des cinéastes africains, il avait à son actif 12 films dont le premier, “Borom Saret”, est un court-métrage réalisé en 1963. Parmi ses films les plus connus figurent “Le Mandat”, “Xala”, “Ceddo”, “Guelwaar” et “Camp de Thiaroye”, tourné en 1987, qui retrace le massacre de Tirailleurs sénégalais à Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, le matin du 1er décembre 1944, et bien sûr Mooladé en 2004.
M. Sembène, 84 ans, était aussi l’auteur de neuf romans et essais dont le plus célèbre est sans nul doute “Les Bouts de Bois de Dieu”, publié en 1960, roman qui retrace la grande grève menée en 1947 par les cheminots du Dakar-Niger, le chemin de fer reliant Dakar à Bamako, la capitale du Mali.
Faisant partie des classiques de la littérature africaine, “Les Bouts de Bois de Dieu” avait connu un succès retentissant au point de figurer dans le programme scolaire de plusieurs pays, dont le Sénégal.
M. Sembène avait gagné de nombreux prix cinématographiques dont celui du meilleur film étranger qui lui a été décerné en 2004 par la critique américaine et le prix spécial du jury au Festival international de Marrakech.
Né à Ziguinchor, dans le Sud du Sénégal, Ousmane Sembène, avait été mobilisé en 1942 par l’armée coloniale française et avait vécu en France. Il est décédé à Dakar dans la nuit de samedi à dimanche 10 juin 2007, à la suite d’une longue maladie.
Son dernier long-métrage «Moolaadé», genre drame social, projeté, jeudi, lors de la cérémonie d’ouverture de la 9ème édition du Festival national du Film, raconte l’histoire qui se déroule dans un village africain où le rituel ancestral de l’excision est considéré comme une purification des femmes.
Collé Ardo, seconde épouse de Bathily, un notable du village a, sept ans auparavant, refusé de faire exciser sa fille. Un beau matin, quatre fillettes se prosternent à ses pieds : elles ont échappé aux exciseuses et lui demandent protection. Celle-ci accepte et leur accorde ainsi le Moolaadé, un droit d’asile qui peut entraîner la malédiction sur quiconque le violera. Pour le proclamer, elle tend quelques fils de couleur à travers l’entrée de sa cour.
Dans le village, le conseil des hommes est révolté : Collé remet en cause leur position et une somme de traditions ancestrales. Deux des enfants qui ont refusé l’excision ont préféré fuir le village plutôt que de se réfugier chez Collé. On apprend bientôt qu’elles se sont jetées dans le puits plutôt que d’être reprises. Le chef ordonne que l’on comble le puits.
Cette dramaturgie très élaborée s’accompagne dans ses moments les plus émouvants d’indices visuels qu’Ousmane laisse au spectateur le soin de décrypter et ainsi d’anticiper sur une situation nouvelle qui se fait progressivement jour.
M. ABOUABDILLAH





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