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| Ouverture officielle de la XIème édition du Salon du Livre de Tanger SILT 2007 |
Le grand salon du Consulat général de France à Tanger a abrité, mercredi en début d’après-midi, une cérémonie grandiose marquant l’ouverture officielle de la 11ème édition du Salon du Livre de Tanger.
Présidée par l’ambassadeur de France au Maroc, M. Jean François Thibaut, aux côtés du Consul général de France à Tanger, M. Alain Bricard, cette manifestation d’envergure a connu la présence de plusieurs personnalités françaises et marocaines dont un grand nombre d’intellectuels, de promoteurs économiques, de représentants de la société civile et, évidemment les organisateurs du SILT, M. Gustave de Staël, pour l’Institut français du Nord (IFN), et M. Larbi R’miki, pour l’association «Tanger Région Action Culturelle» (ATRAC).
Dans une allocution prononcée à l’occasion, le Consul général de France qui a d’abord tenu à remercier l’assistance pour avoir bien voulu répondre à l’invitation, est remonté au SILT 2006 pour raconter une histoire qui, dira-t-il, remercie les organisateurs de leurs efforts ;
«Ce onzième SILT est organisé autour du thème de «L’étranger dans la langue», de cet espace qui s’ouvre inévitablement entre l’auteur et son lecteur, et où naissent tous les échanges.
«L’an dernier, Jean Daniel était venu au SILT présenter son dernier ouvrage qui s’intitule justement «Cet étranger qui me ressemble»; et il signait son livre sur un stand du salon. Il y avait là un jeune garçon, venu en famille, et à qui son père venait d’acheter «Les Misérables» de Victor Hugo. Voyant un monsieur très entouré qui signait des livres, il lui a tendu son volume et lui a demandé un autographe. Avec sa gentillesse habituelle, Jean Daniel a paraphé le livre et il a dit au garçon :
«Je te le dédicace volontiers, et je suis sûr que tu auras grand plaisir à lire ce livre, mais il faut que je te dise la vérité : malheureusement, je ne suis pas Victor Hugo !». Son jeune admirateur est reparti incertain, serrant fort le volume sur sa poitrine. En un instant, il venait de rencontrer Jean Daniel, Victor Hugo et le monde énorme des Misérables, et peut-être sa vie en a-t-elle été bouleversée», raconte M. Alain Bricard, concluant que ce vœu :
«Puisse le SILT susciter des milliers de rencontres comme celle-ci, et dans trente ans peut-être, devenu papa à son tour, ce petit garçon dira à ses enfants :
— Nadia, Karim, il y a le SILT, aujourd’hui, on y va ?
— Avec toi ? oh oui papa ! c’est quoi le SILT ?
— Vous verrez, les enfants... C’est un peu comme la baie de Tanger, une porte ouverte sur le monde et sur la vie !...».
C’est ensuite l’ambassadeur de France à Rabat qui a pris, à son tour, la parole pour faire remarquer que le Salon du Livre de Tanger qui ouvre sa 11ème édition, est un rendez-vous déjà vieux de dix ans.
«C’est un lieu de rencontres et d’échanges. Mais il est plus que cela, car le choix d’un format restreint, presque intime, favorise le débat où les meilleurs esprits se rencontrent, la contraction est apportée librement donnant un sens concret à cette expression parfois galvaudée de dialogue des cultures et des civilisations», dira M. Jean François Thibaut, avant d’évoquer le thème de la 11ème édition du SILT qu’il a qualifié de «choix délicat et stimulant».
«Il semble que ce sujet correspond bien au lieu où nous nous trouvons. Tanger constitue, dans la réalité comme dans notre imaginaire, un lieu de passage, une frontière entre deux mondes, entre deux rives, entre lesquelles circulent des marchandises, des hommes, des idées et des mots», a affirmé le diplomate, ajoutant que l’horizon pour cette ville toujours mythique est aujourd’hui balisé par la perspective de construction des infrastructures du port de «Tanger-Med» et par la candidature de la ville pour accueillir l’exposition universelle de 2012.
L’ambassadeur de France considère que le défi ne peut être uniquement économique, il doit être aussi culturel, et il forme le vœu que le Salon International du Livre de Tanger, poursuivant sur la lancée qui est la sienne, permettra de relever ce défi.
M. Jean François Thibaut a, d’autre part, suggéré que la date du SILT soit quelque peu repoussée de façon à trouver une juste place entre les Salons du Livre de Casablanca et celui de Paris où il convient, dira-t-il, de faciliter la présence du Maroc et de ses visiteurs.
M. ABOUABDILLAH
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